lundi 3 octobre 2016

Ocean-Warrior : L' Anti -baleiniers


E MONDE |  | Par 
Ocean-Warrior » à Amsterdam, le 27 septembre 2016.
 EMMANUEL DUNAND / AFP


« Ocean-Warrior » à Amsterdam, le 27 septembre 2016.



Les baleiniers japonais qui attendent l’été austral pour partir,


 début décembre, pour trois mois de chasse au cétacé dans 


les mers du Sud n’ont qu’à bien se tenir.   


 La Sea Shepherd Conservation Society (SSCS) s’apprête 


à lancer à leurs trousses son nouveau vaisseau amiral, le 


flambant neuf et ultra-rapide patrouilleur Ocean-


Warrior, avec l’ambition affichée de mettre un point final à 


leur activité illégale.

« Ocean-Warrior est l’arme qui nous manquait depuis dix 

ans, se réjouit Alex Cornelissen, 48 ans, capitaine et directeur

 exécutif de Sea Shepherd Global, la branche internationale 

de l’organisation de protection de la vie sous-marine basée à 

Amsterdam. Nous disposons désormais d’un navire plus 

rapide que n’importe quel bateau de braconnage en haute 

mer. 

Nous pourrons les suivre partout, voire 

leur fausser compagnie s’ils deviennent trop agressifs. »

Des femelles enceintes capturées


Fondée en 1977 par le Canadien Paul Watson, Sea Shepherd 

s’est fait une spécialité de lutter contre toutes les formes de 

pêche illégale. 

Depuis plus de dix ans, l’ONG tente – entre autres – 

de barrer la route aux pêcheurs japonais qui, sous couvert de

 recherches scientifiques et malgré un moratoire mondial 

datant de 1986, traquent les cétacés jusque dans leur 

sanctuaire de l’océan austral et en commercialisent la viande.

Résultat de recherche d'images pour "chasse baleine"
L’organisation environnementale a cru la parade trouvée 

lorsqu’en mars 2014 

la Cour internationale

 de justice (CIJ) de

 La Haye, organe 

judiciaire des Nations unies, a jugé que 

l’étude de l’évolution des baleines dont arguait 


Tokyo a alors accepté de cesser ses « recherches » létales 

pour la saison 2014-2015, mais l’Institut de recherche 

japonais sur les cétacés est revenu à la charge dès 

novembre 2015, proposant à la Commission baleinière 

internationale (CBI) deréduire à 333 baleines de Minke – 

contre 1 050 auparavant – son objectif annuel de pêche po

ur douze ans. Les harpons sont ainsi ressortis le 

1er décembre 2015. « Sur ce quota, la moitié des baleines 

capturées étaient des femelles enceintes », affirme 

M. Cornelissen, qui compte enrayer le massacre avec Ocean-Warrior.



Avec son pavillon à tête de mort, trident et houlette de berger

 hissé haut, c’est le premier bateau jamais construit par Sea

 Shepherd qui dispose d’une flotte totale de huit unités. Long

 de 54 m, ce bâtiment en aluminium à l’étrave effilée évoque

 les navires de guerre. Il a été construit sur le modèle des 

ravitailleurs de plates-formes pétrolières pour 8,3 millions

 d’euros, grâce à un financement de loterie nationale 

néerlandaise qui reverse une partie de ses recettes à des 

associations de protection de l’environnement.

Guerrier des océans


Alex Cornelissen, le directeur exécutif de Sea Shepherd Global, dans la salle des moteurs de « Ocean Warrior », le 27 septembre 2016.

Son poste de pilotage futuriste entièrement cerné de pare-

brise permet d’exercer une surveillance à 360 degrés tout en

 restant à l’abri. Il dispose d’un puissant canon à eau rouge 

pour aveugler les braconniers et décourager toute velléité

 d’abordage, et d’une plate-forme d’hélicoptère. Mais le 

« guerrier des océans » est surtout un bolide. Selon les 

conditions météorologiques, il peut atteindre de 27 à 30

 nœuds (de 50 à 55 km/h). Ses quatre moteurs doublés d’un

 système de propulsion hybride lui permettent 

une consommationde carburant plus modeste et une

 réduction des émissions de CO2. Autant d’innovations qui

 permettront à l’équipage de ne pas couper le chauffage lors

 de ses glaciales missions.

« C’est le jeu du chat et de la souris, explique 

M. Cornelissen. Pour empêcher le treuillage du cétacé 

capturé depuis le bateau harponneur vers le navire usine

 équipé pour le dépecer et le mettre en boîtes, nous devons

 nous placer derrière ce dernier, mais, jusqu’ici, les 

harponneurs qui marchent à 20 nœuds [37 km/h] nous repéraient souvent avant qu’on ne trouve leurs navires-usines, beaucoup plus lents. »
Cette bataille a été jalonnée d’affrontements parfois violents. Comme en janvier 2010, quand l’Ady Gil, un trimaran de 

24 m de Sea Shepherd, a sombré quelques heures après une 

collision avec un baleinier nippon, les torts

 semblant être partagés par les capitaines des deux

 navires… « On nous traite parfois de terroristes, mais les

 terroristes sont ceux qui détruisent la nature, se défend le

 capitaine Cornelissen, qui estime que l’ONG a sauvé 

5 000 baleines en dix ans. Et nous nous chargeons de 

leur faire respecter la loi car les Etats ne s’y risquent pas 

afin de préserver leurs relations économiques et 

commerciales avec le Japon. »


Ocean-Warrior a levé l’ancre, lundi 3 octobre, après une 

semaine d’escale à Amsterdam occupée à des visites guidées

 destinées au public et aux médias

Il fait route directe vers Melbourne (Australie), qu’il devrait 

atteindre en cinq semaines afin de procéder aux derniers 

réglages nécessaires à cette onzième campagne de protection

 des baleines. L’opération a été baptisée « Némésis », du nom

 de la déesse grecque de la colère et du retour à l’équilibre.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/10/03/ocean-warrior-nouvelle-arme-contre-les-chasseurs-de-baleines_5007209_3244.html#Iw3z2IwpRWuQcpxG.99



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Les baleiniers japonais violent le verdict de la Cour internationale de Justice

Archive : 3 petits rorquals sur le pont du Nisshin Maru en 2014 - Photo: Tim WattersArchive : 3 petits rorquals sur le pont du Nisshin Maru en 2014 - Photo: Tim WattersDans l’immensité de l’océan Austral, la flotte baleinière japonaise a probablement déjà atteint illégalement son quota réduit de 333 petits rorquals.




En raison de l’élargissement de la zone opérationnelle et le fait qu’ils ciblaient un tiers seulement de leur quota, les baleiniers japonais ont pu impunément violer le verdict de la Cour internationale de Justice (CIJ) stipulant l’arrêt des activités de la chasse à la baleine japonaise dans l’océan Austral.

Sea Shepherd Global espérait que les nations membres de l’ONU, et en particulier la Nouvelle−Zélande et l’Australie, soutiendraient le verdict de la CIJ.

Elles ne l’ont pas fait.

À défaut, Sea Shepherd Global s’attendait à ce que les gouvernements de la Nouvelle−Zélande ou de l’Australie lui fournissent au moins les coordonnées de la flotte japonaise lui permettant de recueillir des preuves sur la poursuite des activités illégales de cette dernière.

Ils ne l’ont pas fait.

Afin de mettre un terme aux activités illégales des baleiniers japonais, il était d’autant plus impératif que ces preuves soient recueillies cette année.
Si Sea Shepherd Australie a demandé aux gouvernements australien et néo-zélandais les coordonnées de la flotte japonaise, c’était pour lui permettre d’entreprendre le travail que la Nouvelle−Zélande et l’Australie refusent de faire.
Archive : Le pont ensanglanté du Nisshin Maru après l'abattage d'une baleine en 2014 - Photo: Tim WattersArchive : Le pont ensanglanté du Nisshin Maru après l'abattage d'une baleine en 2014 - Photo: Tim Watters


L’objectif de Sea Shepherd Global pour la saison était de documenter les violations continues de la loi sur la conservation par le Japon ainsi que son outrage à la Cour fédérale d’Australie.





"Il nous faut des preuves du mépris flagrant du Japon envers l’autorité de la Cour internationale de Justice," a déclaré le capitaine Alex Cornelissen, directeur général de Sea Shepherd Global. 
"La collecte de ces preuves est absolument cruciale pour mettre fin à l’abattage illégal continu des baleines par les Japonais."

"Nous sommes très déçus par les gouvernements australien et néo−zélandais," a déclaré Jeff Hansen, directeur de Sea Shepherd Australie.
"Ils ont intenté un procès contre le Japon pour la chasse illégale à la baleine à laquelle il s’adonne.

 Ils ont gagné l’affaire. Le Japon a passé outre à la décision rendue, et tout ce que l’Australie et la Nouvelle−Zélande se contentent de faire est de baisser les bras, permettant ainsi aux crimes des Japonais contre les baleines et l’humanité de se perpétuer. Ils font preuve d’un laxisme honteux."


Cette saison, le Steve Irwin, le vaisseau amiral de Sea Shepherd Global, poursuivra ses efforts pour lutter contre les activités illégales dans une mer où la criminalité règne sans opposition de la part des gouvernements et où le braconnage représente une activité rentable pour des entreprises criminelles qui se croient au-dessus des lois.



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